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Où s’arrêteront les actions déstabilisatrices des Émirats arabes unis ?

Jean-Paul GHONEIM, chercheur associé à l’IRIS Les ambitions d’extension de l’influence d’Abou Dabi irritent sérieusement les pays voisins, dont l’Arabie saoudite. Après le Soudan où les Émirats arabes unis ont apporté leur appui aux Forces de soutien Rapide (FSR) accusées des pires exactions à El-Fasher, Abou Dabi se heurte à l’Arabie saoudite au sud du Yémen en soutenant les milices sécessionnistes du CTS (Conseil de Transition du Sud). Les irritants ne s’arrêtent pas là, le rôle d’intermédiaire des Émirats pour le rapprochement entre le Somaliland et Israël, qui est devenu le premier État au monde à reconnaître cette entité, a provoqué une levée de boucliers de la part de l’Arabie saoudite, ainsi que de la Turquie et de l’Égypte. Cela amène à se poser la question des limites de l’expansion des appétits émiratis qui semblent insatiables Pourtant, tout avait commencé sous les meilleurs auspices entre Riyad et Abou Dabi. Dès sa nomination en tant que Prince héritier, Mohammed Ben Salman avait pris son voisin émirati comme mentor. L’idylle s’est prolongée avec l’intervention conjointe au Yémen en 2015 au sein d’une coalition pour combattre les Houthis qui s’étaient emparés de Sanaa et en avait chassé le Président Hadi. Cette relation s’est peu à peu dégradée avec la montée en puissance de Mohammed ben Salmane et l’affirmation de sa volonté de leadership régional. Avec le recul du temps, il semblerait que les agendas de Riyad et d’Abou Dabi différaient dès l’époque dans leurs objectifs. Pourtant, le 3 septembre 2025, Mohamed Ben Zayed, le Président des Émirats arabes unis, avait été reçu à Riyad avec un faste inhabituel. Cette cordialité de façade n’a pas suffi à rapprocher les agendas des deux pays. L’intervention saoudienne visait avant tout à sécuriser ses frontières et à se prémunir de l’influence de l’Iran, allié des rebelles Houthis. […]

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